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A LA RECHERCHE DE LA NATURE DE LA METEORITE DE ROCHECHOUART

 

Dans la thèse de doctorat ès- sciences soutenue en 1977, Philippe Lambert présente les résultats des très nombreux travaux qu'il a effectués pour la compréhension du cratère de Rochechouart.

Ainsi, par exemple, l'étude d'échantillons de roches du socle et de toutes les variétés de brèches, soit près de 2000 analyses par spectrométrie d'absorption.

Elles ont confirmé une forte anomalie en fer et en nickel, notamment dans les brèches à verres de type Babaudus. Les rapports Nickel / éléments sidérophiles (Iridium, Gallium, Germanium, Osmium) semblent signer la contamination par une sidérite IIA.

Philippe Lambert conclue que la météorite avait probablement la composition suivante : Fe = 94,5% et Ni = 5,5%.

Dans une publication de 1980, W. Horn et El Goresy, Max Planck Institut für Kernphysic - Heidelberg ( Allemagne), font état de la découverte d'un affleurement où le fond du cratère de Rochechouart est repéré par l'association de cônes de pression dans les roches choquées du socle et de suévites qui les recouvrent. Des différents prélévements effectués dans le socle, seuls les gneiss ont révélé la présence de métaux condensés dans des microfractures inter- et intra- granulaires induites par le choc dans divers minéraux. Ces métaux, sous de globules et de veinules, sont le signe d'une contamination par des particules météoritiques condensées et piégées dans les microfractures.

L'analyse à la microsonde électronique donne la composition moyenne suivante :

Fe = 73% ; Cr =17% ; Ni = 8% ; Co en traces.
Cette composition suggère que la météorite de Rochechouart ne serait pas de nature ferreuse ( sidérite ) mais pierreuse ( peut-être une chondrite ? ).

©Texte de C. Marchat

 

Photo Nasa, Impact multiple dû aux fragments de la comète Shoemaker-Lévy en 1994 sur Jupiter.

 

 

LA STRUCTURE D'IMPACT ELEMENT - TEMOIN D'UNE COLLISION EN CHAINE AU TRIAS SUPERIEUR SUR TERRE

 

Le spectaculaire et dramatique impact de la comète fragmentée Shoemaker - Lévy 9 avec la planète Jupiter en Juillet 1994 a bien établi l'évidence de collision de comètes ou d'astéroïdes fragmentés avec des planètes plus grandes ( joviennes) et leurs lunes.

De ces collisions résultent des impacts multiples qui peuvent mener à la formation de chaînes de cratères ou catenae, sur les surfaces planétaires.

Partant de la nouvelle datation de la structure de Rochechouart, John G. Sray ( Canada), Simon P. Kelley (U.K.) et David B. Rowley (USA) ont remarqué que, sur les 150 strutures d'impact reconnues sur la Terre, 5 d'entre elles ont un âge identique (environ 214 Ma). Cet âge coïncide avec l'étage Norien de la période Trias. Il s'agit de Manicouagan et Saint-Martin (Canada) (notés 1 et 3 sur la carte), Rochechouart (France) (noté 4), Obolon (Ukraine) (noté 5) et Red Wing (USA) (noté 2).

Ils ont réalisé une reconstitution tectonique des plaques Nord-américaine et Eurasiatique à -214 Ma.

Les 3 plus grandes structures ( Manicouagan, Rochechouart, et Saint-Martin) apparaissent alors alignées à la paléolatitude 22,8° et traversent 43,5° de paléolongitude. Ces structures pourraient être les restes d'une chaîne de cratères longue de 4462 km, comme les catenae décrites sur les lunes de Jupiter.

En revanche, les cratères d'Obolon et de Red Wing se situent sur de grands cercles de déclinaison identique avec Rochechouart et Saint-Martin (37,2°).

Les chercheurs proposent donc le scénario suivant : les 5 structures se sont formées en quelques heures à la suite d'impacts multiples engendrés par la collision d'une comète ou d'un astéroïde fragmenté avec la terre. Des projectiles essentiellement coaxiaux les uns par rapport aux autres (comme Shoemaker-Levy 9) ont généré Saint-Martin, Manicouagan et Rochechouart. Mais les relations spatiales entre les projectiles à l'origine de Obolon et Red Wing et les projectiles précédents ne sont pas évidentes. Red Wing pourrait être produit par un fragment du même projectile qui a généré Saint-Martin. Il est aussi probable que le bolide fragmenté puisse avoir produit plus de 5 structures d'impact. Celles formées dans les océans auraient été détruites postérieurement par subdduction.

Les auteurs soulignent enfin le gros effort qui doit être fait pour infirmer ou confirmer leur hypothèse quant aux impacts multiples. D'autre part il est nécessaire d'engager une étude très pointue sur la limite Carien/Norien moins bien datée, car il est possible qu'un impact multiple de 214 Ma puisse être lié à un évènement d'extinction biologique à cette époque-là.

©Texte de Claude MARCHAT

 

 
Carte d'après Nature, vol.392; 12/03/98; J.G. Spray, S.R. Kelley et D.B. Rowley.
 
 

L'AGE DE LA STRUCTURE D'IMPACT DE ROCHECHOUART

 

Lorsque tous les paramètres caractérisant la nature impactique d'un cratère sont réunis, il est tout aussi important de le dater pour retracer le contexte géographique dans le cadre de la tectonique des plaques, climatique, environnemental et biologique de la région-cible à l'époque de l'impact. Mais aussi la détermination précise de son âge permet d'affiner la compréhension des flux de bolides à travers les temps géologiques et leur possible relation avec les grandes crises biologiques.

La structure d'impact de Rochechouart est puissamment érodée. Il ne reste aucune marque topographique générée par l'impact. Ces brèches sont constituées essentiellement de débris de roches cristallines du socle, il n'y a donc pas d'éléments sédimentaires qui auraient permis une première datation par leur nature et les fossiles contenus. Les datations effectuées sur les brèches s'étendent sur une période comprise entre -240 et -140 Ma. Son âge est donc un point très controversé. Toutefois les géoloques s'accordent pour dire qu'il est inférieur aux granite de la région, soit moins de 250 Ma (cf tableau).

Simon P. KELLEY (U.K.) et John G. SPRAY (Canada) ont travaillé dès 1995 sur la pseudotachylite de la structure d'impact de Rochechouart. C'est un matériau généré pendant l'étape de modification du processus d'impact, probablement pendant l'effondrement de la cavité transitoire. Ils ont procédé à une datation par la méthode de fusion de point laser 40Ar/39Ar qui a donné un âge de 214±8 Ma, en concordance avec les données antérieures des traces de paléomagnétisme et de fission. D'autre part, cette nouvelle datation est en accord avec l'environnement géologique régional et les liens de terrain. Les datations réalisées avant cette dernière impliquaient une origine jurassique (donc un âge plus jeune) ; elles pourraient être considérées maintenant comme une indication des pertes post-impact en Ar, et de la mobilisation de Rb et de Sr.

Ce nouvel âge de 214±8 Ma tombe dans la période norienne du Trias.

Age (Ma)
Matériaux datés
Techniques
Sources
154±8

173±8

Couche de fusion

Couche de fusion

K - Ar
J.B. Hartung in Kraut et French (1971)
Trias tardif
Suévite rouge

Suévite verte

Couche de fusion

Paléomagnétisme
Pohl et Soffel

(1971)

165±5
Verres de la couche de fusion
K - Ar
Lambert (1974)
198±25

206±39

Suévite verte :

apatite

verre

Traces de fission
Wagner et Storzer (1975)
186±8
Couche de fusion
Rb - Sr
Reimold et Oskiersky (1987)

©Texte de Claude Marchat

 
 

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